L’Association Française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) et l’Institut de l’Épargne Immobilière et Foncière (IEIF) ont publié les chiffres relatifs à la collecte des fonds immobiliers grands publics au premier semestre 2023. On peut y découvrir un ralentissement de la collecte marqué pour les unités de compte (OPCI et sociétés civiles), tandis que les SCPI résistent un peu mieux. Mais la hausse des demandes de rachat au premier semestre entraîne un recul des souscriptions nettes.
Un attentisme vis-à-vis des placements immobiliers
« Dans le contexte économique actuel, les investisseurs font davantage preuve d’attentisme vis-à-vis déplacements immobilier. À la suite des hausses des taux d’intérêt décidées par la BCE pour faire face à l’inflation, nous assistons à un phénomène de réajustement à la baisse des prix de l’immobilier en Europe » expliquent l’ASPIM et l’IEIF.
Bien que les fonds immobiliers non cotés soient avant tout des produits de placement avec une vision à long terme, permettant d’absorber les cycles baissiers sur la durée d’investissement, on note une prudence de la part des épargnants. Selon Jean-Marc Coly, président de l’ASPIM, les évolutions à attendre sur le marché de l’immobilier non coté pourraient donner de nouvelles opportunités aux investisseurs. « Le réajustement des prix en immobilier commercial devrait offrir de nouvelles opportunités d’investissement au fond immobilier, qui pourront acheter à des taux de rendement plus élevé. En outre, il appartiendra à chaque gérant de SCPI, en toute transparence, de tenir compte des évolutions actuelles pour ajuster, si nécessaire, les prix de parts« .
Comme cela est pressenti par de nombreux observateurs, on devrait assister sur cette seconde moitié de l’année 2023 et en 2024 à la réévaluation de la valeur de parts de nombreuses SCPI, en conséquence de la réévaluation du patrimoine qui pourrait être à la baisse pour plusieurs sociétés de gestion.
Un repli de 23 % au premier semestre 2023
En comparaison avec le premier semestre de l’année 2022, la collecte nette des SCPI est en retrait de 23 %, à 4,1 milliard d’euros. Dans le même temps, le marché secondaire connaît une forte progression (+32 %), avec un taux de rotation des parts de 1,2 % sur le semestre contre 0,8 % en moyenne en 2022.
Ce sont les SCPI diversifiées qui ont capté la plus grande partie de la collecte sur les six premiers mois de l’année, avec 44 % récupérés. Une forte évolution par rapport au total de l’année 2022, où les SCPI diversifiées représentaient 29 % des investissements. Principales victimes, les SCPI à dominante de bureaux chutent elles a 29 % de la collecte contre 44 % l’an passé. Stabilité en revanche dans les autres secteurs, et notamment dans les SCPI à dominante santé et éducation (15 % sur le premier semestre 2023, 17 % en 2022). De même avec les SCPI à prépondérance logistique et locaux d’activité, 7 % désormais contre 6 % auparavant.
Au 30 juin 2023, la capitalisation totale des SCPI a atteint 93,5 milliards d’euros. Cela signifie une hausse de 1,8 % sur un trimestre.
Source : ASPIM et IEIF
